17 notes de la catégorie "Voyage au Japon"

25 septembre 2007

Yokohama

La journée à Yokohama s'annonçait mal. La ville immense s'étendait sous un ciel menaçant. Comme Odaïba, cette ville parfaite a quelque chose d'inhumain. Du béton, du verre, du marbre. Des magasins, des showrooms.

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Landmark Tower
une perfection inhumaine

Premier arrêt dans une librairie internationale. Pour le gag, je cherche un guide de la Belgique en Japonais. Introuvable. Je dois me rabattre sur un guide du Benelux, dont la partie belge semble très complète: je me fie uniquement aux photos, nombreuses et évocatrices, qui montrent des endroits à Bruxelles dont j'ignorais même l'existence.

Le Hard Rock Cafe est sympa, mais vide à l'heure où nous arrivons. Achat d'un nouveau T-shirt et discussion rapide en Anglais avec la vendeuse francophile. Petit bémol car je ne trouve pas de sweat à capuche. Le seul qui me plait est... pour fille.

Nous marchons le long de la Landmark Tower et de ses trois soeurs cadettes. Du joli béton gris projeté dans un ciel gris.

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La visite de Chukagai (Chinatown) est une agréable déception. On trouve un seul magasin de vaisselle; partout ailleurs, des restaurants (dont on se demande du coup où ils se fournissent en assiettes). Nous marchons dans un monde fou sous les lampions. Le dépaysement opère, même si nos velléités de shopping sont toutes déçues.

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l'entrée de Chukagai
(Chinatown)

des néons, des lampions,
comme dans les films

Pause dans un improbable magasin où s'entassent des jouets des 30 dernières années dont je n'imaginais même pas qu'on les trouverait ici: des collectors Star Wars première édition (je reconnais les emballages de mon enfance), ET, etc... Celle que j'aime pointe aussi des Blythes, mais elles sont hors de prix.

Arrêt au temple dédié au commerce, rutilant et vulgaire, mais aussi dépaysant que le reste. Nous visitons  l'hypermarché chinois où rien n'est utile mais où tout attire le regard. Sur trois étages, nous sommes entourés de pandas de toutes les tailles et de toutes les formes.

De retour à la Landmark Tower, nous faisons une visite maussade du mini parc d'attractions à ses pieds. La grande roue, une des plus grandes du monde, ne nous attire pas. Le grand-huit, malgré son passage sous le niveau de l'eau, ne nous séduit pas plus. Il tourne à vide. Il pleut.

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la grand-roue
le grand-huit

Parapluie en bataille, nous obliquons vers le port - le plus grand du monde - tellement étendu que nous ne voyons qu'un horizon plat sous le ciel gris.

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Dernière tentative de shopping chez Uniclo: je trouve un sweat à capuche basique mais impeccable.

Le soir tombe. Nous atteignons notre dernière étape: le panorama en haut de la Landmark Tower. Et Yokohama qui m'avait semblé si triste et oppressante le jour prend toute sa beauté la nuit: routes éclairées, néons, immeubles, stades... Sous nos pieds, la mégalopole futuriste s'étend à l'infini. Nous sommes dans  Ghost in the Shell. Le spleen persistant de la journée disparait devant l'immensité de ce spectacle incroyable.

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Nous nous attablons dans une cage de verre pour boire un dernier verre. Les reflets des gens et de la ville se démultiplient autour de nous comme des fantômes. Une improbable musique romantique hollywoodienne rend l'ambiance encore plus étrange. Nous sommes dans un film hors du temps.

Nous avons parlé du voyage, de nous, des plus et des moins. Je considérais le voyage comme un test pour nous deux. J'ai avoué avoir préparé 4 scénarios-catastrophe pour les accrochages les plus prévisibles, et en avoir utilisé 2.

Je peux dire qu'à cet instant précis, j'étais totalement amoureux. Ce n'était pas une ivresse insouciante, mais un sentiment grave et profond qui me prenait tout le corps. Je découvrais la force nécessaire pour le vivre au quotidien.

Tout était dit. J'ai le blues.

Retour longuet au Ryokan. Sur place nous filons au resto à sushis d'hier et nous profitons du repas. Celle que j'aime participe avec des sushis au poisson cuit et au tempura. Je me gave de thon rouge et je me fais peur avec du poulpe cru (délicieux en fait).

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ça fait peur mais
c'est délicieux

comptez les assiettes
et vous aurez le prix

La soirée se termine dans la préparation des valises. Le poids est un vrai souci. Celle que j'aime stresse. Nous envisageons déjà d'abandonner des choses ("avons-nous tant besoin de mangas de cul?"). Mais comme la décision ne tombera que demain lorsque les valises seront pesées, nous finissons par en rire.

Pas de pause journal avant d'aller dormir. Le rangement des valises m'a un peu pris la tête. J'écris cette page dans l'avion alors que nous survolons la Russie.

23 septembre 2007

Mitaka - Harajuku - Ikebukuro

Mitaka

Le musée Ghibli était une des raisons de ce voyage. Il a dépassé de loin mes espérances. Certainement le plus bel endroit dédié à la création cinématographique, toutes catégories confondues.

Après un long voyage en bus et en métro, nous arrivons dans le quartier de Mitaka. A la sortie de la station, nous laissons la navette (un minibus orange couvert des silhouettes blanches des personnages du studio Ghibli) pour nous rendre au musée à pied. Nous longeons un canal bordé d'arbres. L'automne a commencé depuis deux jours, nous commençons à le sentir. La température a brusquement chuté et le ciel grisouille tristement.

A l'entrée nous sommes accueillis pas un Totoro géant gardant une guérite. Les visites sont planifiées, notre tour commence à 1130. L'endroit est magnifique. Plusieurs blocs irréguliers composent le bâtiment principal, une verdure faussement sauvage recouvre toit, murs et escaliers. Boiseries, ferrures et meubles évoquent le début du vingtième siècle, idéalisé par des couleurs vives.

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Le premier étage est consacré aux bases de l'animation. Des panoramas expliquent la profondeur de l'image, alors que plusieurs zoetropes (à miroir, à transparence, en 3D) exposent la décomposition du mouvement. Très peu d'explications didactiques mais on sent la technique par l'émerveillement du regard. Toutes les scènes reprennent des personnages du studio. Moi qui suis un rat de cinémathèque - j'ai joué avec les mêmes appareils pendant des années en attendant le début des séances au Musée du Cinéma - je suis submergé par la magie de la (re-)découverte. Le zoetrope 3D consacré à Totoro m'achève et fait monter les larmes dans mes yeux.

Nous assistons ensuite à la projection d'un court métrage, spécialement produit pour le musée. Histoire simple (une fillette part à la recherche de son chiot perdu) et animation sommaire. Cela suffit: la qualité des films Ghibli tient avant tout dans le sens de l'observation et le rendu du temps. Pendant que nous faisons la file, l'ouvreuse s'émerveille devant Regis, notre peluche. Je lui donne son nom à la japonaise ("re-djis-su"). Elle me répond "kawai".

Trois pièces du deuxième étage évoquent les étapes de la fabrication d'un film: recherche, conception visuelle, animation des personnages et tournage. Chaque pièce est un fouillis indescriptible: livres et croquis et objets s'empilent alors que plusieurs maquettes pendent du plafond. On peut toucher et consulter. Chacun y fait la visite qu'il veut. Là non plus, pas ou peu d'explications mais l'organisation (exemple parfait de faux désordre) fait entrer les notions par le plaisir de l'exploration.

Moment incongru: deux pièces reproduisent la cabane des ours de Boucle d'Or. Heu, qu'est-ce que ça fout là? Il n'y a effectivement pas plus d'explication qu'ailleurs.

Nous passons près du chat-bus géant en peluche où les petits enfants se défoulent. A ma grande tristesse, je NE peux PAS les rejoindre. Pour une raison obscure, c'est interdit au-delà d'un certain âge. Un préposé a la tâche unique de ramasser poils et peluches qui s'accumulent sur le chat-bus. Toute la journée, il ne fait rien d'autre que frotter frénétiquement avec une brosse adhésive, sans faire attention aux marmots qui l'entourent.

Passage obligé à la boutique. Et là, constat d'horreur: alors que nous avons croisé plein de goodies Ghibli le long de tout le voyage que nous avons laissé passer pensant les acheter ici, nous n'en trouvons aucune. Non pas que la boutique ne soit pas bien fournie, il y a un choix très étendu. Mais j'ai tout de même un pincement au coeur de revenir sans le miroir Gigi ou sans la toupie Totoro. Nous remplissons deux sacs de peluches diverses et de ticheurtes. J'achète le catalogue du musée qui rend très bien l'ambiance enchanteresse du lieu.

Dscn6228 La faim nous tenaille, mais nous ne sommes pas seuls. Une immense file attend patiemment devant l'entrée du Straw Hat Café. Sur la porte une pancarte: "le restaurant est plein, veuillez faire la file". Je regarde par la fenêtre: il n'a pas l'air plein du tout, toutes les tables sont occupées oui, mais il y en a peu, et pas mal de chaises sont vides. Comme pour tout, nous faisons la file. Celle-ci avance lentement mais régulièrement. Quelques livres et le menu nous aident à patienter. Une fois installé, je comprends ce qu'ils appellent "plein". En fait le resto n'est pas seulement un endroit où manger. C'est un lieu de paix où l'ambiance a autant d'importance. Dans un Japon surpeuplé, l'espace et le calme sont un véritable luxe. Nous nous amusons à prendre quelques photos de Regis. Dscn6247Celle que j'aime prend un tajine (un peu décevant) pendant que je m'empiffre d'un sandwich au porc pané. Elle se rattrape sur un immense morceau de gâteau à la fraise. Lorsque nous nous préparons à partir une serveuse me demande en anglais d'où nous venons. Je réponds, en simplifiant, "de France". Son visage s'éclaire et elle me répond en Français qu'elle adore. Je la félicite pour son Français impeccable et je la remercie en Japonais hésitant.

Harajuku

L'après-musée s'est révélé dangereux: la foule du dimanche était de sortie et l'orage menaçait. Notre troisième passage à Harajuku nous a permis de harponner quelques lolitas goth supplémentaires. Il y avait toujours plus de photographes occidentaux que de lolitas, ce qui donnait une impression de freak show.

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Une quête ultime doit être menée: trouver un cadeau pour le neveu de celle que j'aime. Le dernier passage à Kiddy Land n'a rien donné. Ni pour elle, ni pour moi (je cherchais une figurine de Major Motoko convenable, mais il n'y avait que celle en tenue de plongée plutôt bof). Frustration + monde fou: ça sent la crise.

J'ai réussi à persuader celle que j'aime de rentrer au ryokan. La tension est contrôlée par un mélange de silence et d'initiative. Nous nous arrêtons à Seibu, où nous trouvons enfin le cadeau de celle que j'aime. Un Totoro (pourquoi chercher les complications, après tout) qui sera complété par le DVD du film. Achat d'un seul repas du soir et des billets du narita express pour après-demain.

Pour la première fois, je sens que le voyage s'étire. Nous sommes épuisés.

Ikebukuro

Nous testons la baignoire "traditionnelle" du ryokan. Celle-ci reste remplie toute la journée et est partagée par tout le monde. On garde l'eau chaude sans la changer (rappel, le bain japonais est destiné à se relaxer, et non à se laver; on se douche avant de pénétrer dedans). C'est minuscule et peu commode mais nous en profitons tout de même pour faire quelques cochonneries.

Le repas du soir se fait en deux temps. J'ai envie de manger des sushis mais celle que j'aime ne veut même pas tenter le coup: le poisson cru, ça ne passe pas. Elle mange d'abord son bento dans la salle commune (j'en profite pour finir mes cartes postales), puis nous nous rendons dans un bar à sushis proche, choisi pour la présence d'un fameux tapis roulant.

La nourriture est impec mais le plaisir est tempéré par le malaise de celle que j'aime qui bloque une place sans manger elle-même. Elle montre des signes d'impatience. Finalement elle découvre qu'il y a des sushis avec poissons cuits et tempura. Ce qui nous permettrait de renouveler l'expérience demain, ensemble.

22 septembre 2007

Odaiba

Journée à Odaiba avec ses big ups et ses mini downs.

Odaiba est un paradis ou un enfer selon l'angle de vision. Ile artificielle en bordure de Tokyo, elle abrite presque uniquement des commerces, des attractions et des bureaux. Elle ressemble à une projection de manga avec ses immeubles de verre, ses routes, ses viaducs organisés en carrés parfaits. Le peu de végétation est entièrement contrôlé. Il y a quelque chose d'inhumain dans cette perfection.

On l'atteint en empruntant le Rainbow Bridge, immense pont qui rivalise avec le Golden Gate de San Francisco. Nous le traversons en monorail avec le plaisir enfantin de découvrir progressivement l'immensité du décor futuriste.

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Le Fuji Network Building vu depuis le monorail

Premier arrêt: Sega Joypolis, parc d'attraction en intérieur (il abrite quand même des montagnes russes...) bourré de jeux vidéos.

Je choisis House of the Dead 4 (avec invasion de zombis et grosses pétoires), alors que celle que j'aime prend le Sky Cruising (que nous prenons pour un simple ride dans les airs).

L'attente n'est pas longue, mais le personnel prend beaucoup de temps à expliquer le fonctionnement du jeu et les règles de sécurité. Pour HOTD4, nous nous retrouvons sur un siège pivotant et entourés d'écrans: les zombies attaquent de toute part, et ballotés par le mouvement du siège, nous nous défendons au flingue et à la grenade. Clairement nous ne sommes pas doués: seulement 38% du parcours, mais on nous attribue aussi 56% d'amour (censé représenter j'imagine notre coordination).

J'ai été très surpris de beaucoup plus apprécier le Sky Cruising, en fait un vrai jeu et non un ride. Le rituel des explications est mémorable: l'employé nous mime le pilotage et... un bon vomissement pour montrer l'emplacement du bouton-panique. Les 3 minutes de vol sont ébouriffantes. Alors que j'essaie de piloter tant bien que mal, celle que j'aime rit, hurle, tend jambes et bras. Rien qu'à la voir s'amuser comme ça, je suis amoureux fou d'elle.

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La Statue de la Liberté de Tokyo, devant le Rainbow Bridge

Dscn6146 Nous ressortons pour une virée shopping de breloques rigolotes. Puis nous nous arrêtons au Big Chief du coin (une chaine, donc...). J'insiste pour la terrasse: j'adore le son particulier de la mer. C'est très étrange: on entend le léger vrombissement des bateaux et voitures alentours, mais pas une seule mouette. Nous discutons de la déglingue sexuelle de nos relations précédentes respectives.

Dscn6162 Le Fuji Network Building était au programme. Il suffisait de le contourner: impressionnante architecture, avec cette sphère suspendue dans la structure générale du bâtiment.

Nous reprenons le monorail pour atteindre la grande roue, une des plus grandes du monde parait-il. Nous la voyons à l'horizon avec une pointe d'inquiétude. Elle ne tourne pas. Encore la malédiction du Dieu Renard? En fait, elle tourne mais lentement.

Fscn6191 Le grand tour s'est déroulé coquinement, même si je n'étais pas très vigoureux (l'altitude, l'inclinaison, que sais-je). après quelques calins nous avons pris quelques photos sur le vif.

Dernière étape de la visite de l'île, l'onsen, est une mini déception. Celle que j'aime se demande s'il y avait une étiquette difficile à suivre. Moi je me demande surtout si l'établissement est mixte: l'idée de se séparer pour crapahuter dans des sources d'eau chaude différentes ne m'enchante guère. A l'entrée nous découvrons qu'une seule partie est mixte: le bain de pieds. Bof bof bof. Je ne me fais pas trop prier pour rebrousser chemin.

Nous quittons l'île dans le soleil couchant. Après avoir retraversé le Rainbow Bridge, je photographie les immeubles et les viaducs entremêlés, entre terreur et fascination. Normal que ce quartier de Tokyo ne soit pas repris dans les guides touristiques... C'est de l'oppression en béton. Les décors exacts qui inspirent les cauchemars cinématographiques de Shinya Tsukamoto.

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Dscn6203 Epuisés nous faisons un dernier passage à Sunshine City: Toys 'R Us pour elle, Bic Camera pour moi. Deux déceptions: le premier n'a ni Blythes, ni jeux Nintendo en anglais; le second a des Nintendo DS, mais "japanese software only" et des appareils photos qui, bien que 30% moins chers qu'ici, terrorisent ma carte de crédit.

Le repas du soir se fait chez Benny's, transposition japonaise de la chaîne de restos américaine. Les portions sont réduites par rapport à la version occidentales, mais c'est quand même mon deuxième gros repas chaud de la journée. Il me laisse un goût de "juste de trop".

21 septembre 2007

Shibuya

La journée aurais pu être un échec complet. C'est le contraire qui est arrivé.

Dscn6083 La quête d'un love-hotel digne de ce nom sur "la colline des love-hotels" en bordure de Shibuya avait tout du désastre. Les établissements étaient nombreux mais proposaient tous le même genre de chambre un peu flashy, vaguement de mauvais goût, mais sans être vraiment originale. Où sont les chambres délirantes décrites dans le livre Love Hotels, dans les films de Takashi Miike? On nous aurait menti?

Les rues de la collines étaient vides. Nous sommes entrés et sortis d'une dizaine d'établissements encore endormis ou en cours de nettoyage. Etranges endroits, dont l'entrée se fait en chicane et dont les parkings sont cachés pour préserver l'identité des clients (la simple présence dans le quartier révèle pourtant immédiatement les intentions). A l'intérieur de chacun, un tableau lumineux indique les chambres disponibles, avec photo. Parfois on voit une silhouette derrière le tout petit orifice du guichet. Jamais on n'est supposé croiser un regard ou échanger des mots, si ce n'est pour payer.

Nous pointons une chambre SM. Mais nous ne sommes jamais convaincus. Il y a quelques chose de triste dans cette industrialisation de l'acte sexuel.

C'est dépités que nous quittons la colline, espérant trouver quelque chose dans la fin de l'après-midi, lorsque le quartier sera plus animé.

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Shibuya, le jour

La partie "normale" de Shibuya est impressionnante. Là, le mot shopping veut dire quelque chose. Nous entrons dans le célèbre 109, entièrement dévoué à la mode féminine. Mais l'endroit est bruyant et toute cette débauche de mode agressive ne fait que renforcer notre dépit. Nous cherchons un coin repas. L'endroit déborde de hype. Nous sortons encore plus abattus.

Etouffés par la foule et la chaleur ambiante, nous trouvons un resto Big Chief providentiel qui nous sauve de l'implosion. Au menu, des imitations de plats occidentaux. Au regard, ça ressemble à un hamburger et une salade composé. Au goût c'est indéfinissable, mais agréable finalement. Nous profitons du lieu pour renouer le lien mis à mal par l'échec du matin.

L'objectif suivant: un magasin de Blythes (aujourd'hui, tout est ouvert...).


Dscn6091 Nous restons longtemps devant les plans à la sortie de la station de métro pour repérer notre chemin. Mais l'apprentissage du jour précédent ne nous aide pas complètement et notre itinéraire reste plein de points d'interrogation. Oh oui, j'inspire un grand coup en disant "c'est par là" d'un air assuré,...

Celle que j'aime a l'(excellente) idée de prendre un taxi. Nous faisons la queue (comme pour tout au Japon) mais notre tour vient très vite (comme pour tout au Japon, aussi). Pour un tarif dérisoire, le taxi nous emmène pile-poil à notre adresse. Soupir de soulagement: pas du tout à l'endroit que j'avais pointé sur ma carte. Je n'ose imaginer l'expédition vers le néant après notre matinée.

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La boutique Variety Fair est une mine pour celle que j'aime qui se lance dans un achat massif. J'observe le lieu: ces poupées soigneusement rangées, l'espace parfaitement agencé en accord avec le concept. Nous sommes servis par une magnifique lolita goth portant une robre de dentelle noire froufroutante. Le Français (sommet du hype, rappelons-le) est partout, jusque dans la déco sonore un brin surréaliste: nous entendons le récit des 3 Petits Cochons!

Retour au coeur de Shibuya à pied. Nous nous posons dans un bar/salon de coiffure où nous savourons un jus de fruits pressé. La serveuse nous photographie ensemble. Nous sommes heureux.

Visite à Tower Records. Les disques nous laissent bof bof. Les DVD sont toujours autant en NTSC. Par contre la Foreign Library fait notre bonheur. Au son de Vanessa Paradis, je trouve LE livre que je cherche depuis des mois consacré aux préceptes artistiques du zen.

Deuxième tentative sur la colline des love hotels: pas meilleure et vite expédiée. La chambre SM que nous avions pointée est encore prise pour 1h30, comme nous explique un employé dans un mélange de japonais, d'anglais et de mime.

Nous jetons l'éponge, mais nous aimerions trouver une explication à notre échec. Nous nous arrêtons dans un café/librairie/cyber qui nous dispense de revenir au ryokan pour avoir une connexion Internet. Google nous livre quelques liens et la réponse: une loi récente classe les hotels qui ne se consacrent pas qu'au logement dans une catégorie X très restrictive. Afin d'éviter l'interdiction, tous les établissement se sont donc alignés sur un look plus conventionnel,  à part quelques uns à Osaka (avec nom et adresses), et d'autres à Tokyo (sans renseignements).

"- Avec le Japan Rail Pass on pourrait pousser gratuitement jusqu'à Osaka.
- 4 heures aller, 2 heures sur place, 4 heures retour...
- Mwais..."

Nous avons laissé l'ordinateur et profité de la librairie. J'ai trouvé un livre de photo érotiques: des ados montraient leurs fesses. Discussion avec celle que j'aime: elle préfère les exhib de seins. L'achat du jour sera donc un livre du même photographe, consacré aux seins.

Arrêt une dernière fois devant la station de Shibuya sous les néons et écrans géants. Nous n'avons pas eu notre love hotel, mais nous ne sommes pas déçus: nous avons compris la raison de l'échec et la quête en soi était une drôle d'aventure. Nous nous sommes embrassés longuement, tendrement et sincèrement au milieu de la foule.

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Shibuya, la nuit

Avant de retourner au ryokan, escale chez Seibu pour retrouver les délicieux gyozas végétariens. Petit cafouillage pour nous y retrouver dans l'immense food court.

Pendant le repas, celle que j'aime est songeuse. Je ne sais pas pourquoi.

Nous terminons doucement la soirée dans la chambre. Celle que j'aime remet de l'ordre dans sa valise pendant que je rédige encore deux cartes postales.

 

20 septembre 2007

Higashi Honganji - Ikebukuro

Hier soir nous nous sommes accrochés. Mon manque de participation vs ses déploiements d'énergie. Longue discussion qui part sur des tas de considérations extérieures, mais qui a l'avantage de nous ramener chacun dans un coin et d'apaiser la situation.

Nous nous préparons à regagner Tokyo, le rangement de la valise se fait dans de bonnes conditions. La discussion d'hier soir a porté. Je participe plus, elle est est plus patiente.

Higashi Honganji

Juste avant de partir pour Tokyo, nous visitons le temple Higashi Honganji, un des plus grands centres bouddhistes et aussi une des plus grandes structures en bois du monde. Déception. La fameuse structure est sous échafaudages.

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La partie hors échafaudages de l'Higashi Honganji. Dans le fond: la tour de Kyoto

Nous arrivons lors d'une cérémonie bouddhiste... qui prend fin dès que nous nous installons. Nous faisons le tour des travaux à la recherche de parties visitables. Nous nous arrêtons devant une corde de cheveux: une centaine de mètres de long, environs 20 cm de diamètre. Il parait que seuls les cheveux avaient la résistance nécessaire pour transporter les troncs immenses qui soutiennent l'infrastructure. Ces cheveux avaient été donnés spontanément par des milliers de femmes lors de l'annonce de l'érection du temple.

Soit.

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Le dragon de l'Higashi Honganji. Dans le fond: le blanc uniforme des échaffaudages

Tokyo - Ikebukuro

Voyage en Shinkansen: je poursuis l'autre moitié de ma pile de cartes postales. Mon écriture tremble toujours autant. Puis nous jouons ensemble à la Nintendo DS: Tetris, Super Mario. On y passerait des heures.

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Arrivé à la gare de Tokyo

Retour au Kimi-ryokan sans encombre. C'en devient presque trop simple.

Nous nous lançons dans la quête d'un magasin de Blythes. La véritable mission est de comprendre le système d'adresses: un nom de rue suivi de trois nombres séparés par des traits.

Pendant le début de nos pérégrinations, je remarque qu'il n'y a pas beaucoup de monde en rue. Celle que j'aime répond: "c'est normal, le jeudi, c'est le jour où tout est ferm...". Elle se fige comme un personnage de cartoon, le "mé" tombe comme une bille de plomb dans un évier.

Nous demandons notre chemin. Une dame nous conduit au poste de police (les guérites de policier sont nombreuses). L'agent pointe l'adresse sur le plan (il doit chercher un peu lui même) et nous comprenons comment ça fonctionne. Dans "5-16-2": "5" représente la municipalité, "16"  le bloc de maisons et "2", la maison elle-même. Les blocs sont numérotés en fonction de leur apparition dans le quartier (donc ne se succèdent pas forcément). Les maisons se comptent dans le sens horlogique autour d'un bloc.

La satisfaction d'avoir compris le système d'adresses fait oublier la déception de tomber sur un magasin effectivement... fermé.

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La quête du magasin fermé

Visite du grand magasin Seibu. Quand on n'a que l'Inno comme point de référence, visiter le plus grand department store du monde donne le vertige. Nous traversons l'immense food court. Puis nous explorons le grand magasin Muji: de tout, de l'alimentation à l'ameublement en passant par les vêtements. Une caractéristique: le dénuement, pas de marque, pas de logo, pas de froufrous... une simplicité parfaite et des prix rikikis. Même si je n'ai aucun espoir de me meubler là, j'emporte le catalogue dont le graphisme épuré m'inspire pour des travaux futurs. Passage par les étages et arrêt au rayon jouets: barbies collectors et Totoros à profusions... J'ai 10 ans.

Pause coca/gyozas sur le toit de Seibu. Des gyozas végétariens à tomber raide. Ajoutée à cela la magie du moment: le soleil se couche, les nuages se fondent dans le ciel qui s'obscurcit, les néons du quartier s'allument. Tous les sens sont à la fête. Nous sommes heureux. Moment parfait.

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Moment parfait sur le toit de Seibu

Nous replongeons dans le bâtiment et visitons le grand magasin Loft. Je laisse celle que j'aime se déchainer au rayon papèterie pendant que je monte à l'étage des DVD. La différence de zone et le NTSC m'empêchent dévaliser le magasin. Je ne peux pas hélas offrir l'adaptation live de Nana à celle que j'aime.

Le choix de DVD est très étendu et ce n'est pas forcément le monstre américain qui a la plus grande part. A côté des immanquables Experts, le coffret de l'intégrale de Maigret (avec Bruno Cremer) est mis encore plus en évidence. Un rayon entier est consacré au cinéma "vert", Le Cauchemar de Darwin est sur le même pied que An Inconveniant Truth.

Passage chez Animate pour compléter la collection de mangas X. Moment de perplexité devant le rayons collégiennes transexuelles.

Retour au Ryokan pour poser les paquets et décider du repas du soir. Le Lonely Planet parle d'un Gyoza Stadium qui se trouve... à côté d'Animate. Nième traversée de la gare souterraine pour rejoindre le resto.

Le Gyoza Stadium n'existe pas en soi. C'est une partie du parc d'attractions Namjatown, qui occupe un  étage de Sunshine City. Nous arrivons près de l'heure de fermeture et nous devons payer un droit d'entrée. L'expérience est surréaliste: jeux vidéos, peluches, magasins farfelus, tous dédiés au personnage du chat Namja. Nous arrivons au coins de Gyozas qui se vide déjà, mais les échoppes sont toujours ouvertes. Nous ne savons que choisir (quelle viande? fromage? ail?) alors que nous nous faisons aborder par tous les serveurs. C'est embarrassant.

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Le temple du Gyoza de Namjatown

Nous nous décidons pour une échoppe où deux ados terminent leur repas. Elles parlent Anglais et font la traduction pour la commande. Nous testons ceux à la viande et ceux à l'ail. Ces derniers ne sont pas juste parfumés, chaque gyoza contient une gousse entière. Nous sentons à deux mètres. C'est orgasmique.

Dscn6075 Dernier tour dans les échoppes à peluches et gris gris. J'achète un gyoza en peluche pour Joli Dragon. Ce n'est pas un tori, je sais. Mais c'est très bien aussi.

Au ryokan, nous passons pas mal de temps à remettre de l'ordre dans la valise chamboulée par le voyage à Kyoto et la multiplication des achats. Toute la surface des lits est un temps recouverte de vêtements et de colis. A la fin, nous y voyons beaucoup plus clair dans les valises et dans notre tête.

19 septembre 2007

Nanzen-ji - Chemin des philosophes - Ginkaku-ji - Gion - Ponto-Sho

Magie. Je parviens à comprendre comment fonctionne le chauffe-eau de la chambre: nous pouvons nous préparer du thé sans s'ébouillanter les mains.

Nous nous mettons en route vers le passage obligé d'une visite à Kyoto: toute la zone des temples entourent le Chemin des philosophes. Dans le bus, nous discutons avec un étudiant allemand, installé depuis plusieurs mois au Japon; son français est impeccable. Nous apprenons qu'il a passé un petit temps en Belgique, à Liège. Il nous parle d'Osaka, que je voulais ajouter au parcours, qu'il trouve absolument moche.

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Même impression que lundi: tout ce calme sous une chaleur de plomb vire à l'épreuve. Mais l'environnement est magnifique. Moment de perplexité au Nanzen-ji devant un aqueduc romain (construit au 19ème siècle, sous Meiji, quand il a décidé d'ouvrir le Japon a l'Occident, tout s'explique). Nouveaux jardins zen et horizontalité apaisante.

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Le Pont du Gard de Kyoto

Nous nous arrêtons dans un mini-resto. Ce que je prends pour une soupe dans les plats en cire exposés à l'entrée est en fait l'ensemble des ingrédients qui entrent dans la composition d'un okonomiyaki, sorte d'omelette préparée sur une plaque chauffante. La propriétaire est énergique, un peu autoritaire. Elle nous assigne immédiatement l'une des deux tables basses où devons nous assoir en seisa. Après quelques minutes de torture, la propriétaire nous laisse étaler nos jambes en rigolant.

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Le Chemin des philosophes mérite son nom. Juste un chemin, le long d'un petit ruisseau canalisé, envahi par la végétation savamment entretenue dans un faux laisser aller. Propice à la réflexion. Nous continuons tout droit, sans nous attarder dans la dizaine de temples répartis sur la longueur. Le soleil tape dur. Le temps s'étire.

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Je ne comprends pas l'engouement pour le Ginkaku-ji, "le site le plus visité du Japon" - dixit le Lonely Planet. Le pavillon en lui-même est moche: non il n'est pas recouvert d'argent et il porte toujours les marques d'incendies successifs. Le jardin sec est austère. Un immense cône tronqué de sable laisse perplexe: comment tient-il? Le jardin à flanc de colline devrait susciter plus d'intérêt, mais je ne parviens pas à rentrer dans l'ambiance. Il y a beaucoup de monde, assez bruyant. Une pointe de déception traverse mon esprit et disparaît très vite. Le chemin a plus de valeur que la destination.

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Le pavillon d'argent et son jardin sec
(le sepia m'aide à cacher une lumière difficile à équilibrer, roh tricheur)

Arrêt popo d'une longueur inhabituelle. D'abord mettre la main sur les seuls wc occidentaux - les autres sont "à la Japonaise", soit une cuvette dans le sol - puis me tordre de convulsion... La vengeance du dieu Renard?

Gion - Ponto-Sho

Retour à Gion pour finir la journée. Et répétition du bonheur de lundi. Nous sortons des galeries couvertes pour explorer les alentours. Un magasin Loft et un paradis du goodies, où nous prenons un bain de produits dérivés ciné, jeux etc... Le sabre-laser est plus cher que sur Internet (damn'). Au milieu de ce temple de la culture pop, je trouve des chocolats Côte d'Or, estampillés "Belgium".

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La Belgique existe au Japon à travers du chocolat devenu suisse...

Nous passons aussi au marché de Nishiki: j'adore photographier la nourriture exposée, surtout quand elle est répugnante. Je mitraille les poulpes, les viandes séchées, les marinades molles. Dommage que je ne puisse ramener en Belgique quelques tentacules salés grillés.

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Nous décidons de prendre le repas du soir à Ponto-Shô "le quartier des plaisirs". Le Lonely Planet nous envoie à une adresse tentante mais... inexistante. Nous nous arrêtons un peu au hasard. Repas honnête, un  peu hype. Cher pour les quantités. Et la note laisse un mauvais goût à cause d'une "cover charge pour personne de plus de 21 ans."

18 septembre 2007

Nijojo - Fushimi Inari Taisha

Journée cool. Debout à 10 heures sans réveil et courses calmes dans la gare de Kyoto. Achat de timbres à l'immense poste à côté de celle-ci. Quête du plan des bus qui nous a cruellement manqué hier.  Visite du department store Isetan où nous avons trouvé à manger pour toute la journée.

Celle que j'aime est très sensuelle quand elle parle Japonais.

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Le métro de Kyoto: cherchez l'erreur

Nijojo

Cette forteresse construite sous Tokugawa Ieyasu m'a vraiment plu.

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Passées les douves et les murailles, le bâtiment principal n'a qu'une défense minimale: un parquet "rossignol" qui chante sous les pas. Ce tout petit pépiement suffit à attirer l'attention des gardes cachés des visiteurs importuns (avec la foule de la visite, ça faisait volière). La muraille m'a intrigué: côté intérieur, elle est en escalier, ce qui permet une montée très rapide des défenseurs... et une descente encore plus rapide des attaquants qui ont réussi à passer pour foncer vers le bâtiment à peine protégé (le plancher n'a plus d'autre rôle que chanter pendant un massacre). J'aime l'idée de cette protection subtile, invisible,  efficace, mais qui assume la possibilité d'une défaite. Elle intègre l'idée que toute chose est éphémère. J'ai repensé à cette citation de Musashi: "parfois on remporte la victoire sans sabre, parfois il est impossible de remporter la victoire même avec un sabre." Avoir conscience que toute puissance est relative est beaucoup plus sage que de chercher l'invincibilité. En tous cas, cela n'a pas empêché Tokugawa d'installer la dynastie qui a dirigé le Japon pendant plus de deux siècles.

Les jardins sont ordinaires. Celle que j'aime masque son accablement (toujours cette chaleur) par une bonne dose d'humour.

Fushimi Inari Taisha

Le sanctuaire d'Inari à Fushimi est un lieu magique. Il dégage par moment une ambiance surnaturelle. D'abord par son dispositif: des milliers de toriis rouges alignés qui forment de longs couloirs dans la nature. Ensuite par le site naturel: une forêt profonde à flanc de montagne avec ce qu'il faut de brume, de poussière flottante dans les rayons de soleil et de sons étranges (comme à Tokyo, on entend surtout des corbeaux et des grésillements d'insectes qu'on n'imaginerait même pas ici).

En compagnie d'Inari, l'Esprit du Renard, et d'autres animaux divinisés en ce lieu exceptionnel, je touche la spiritualité. J'ai repensé à Pompoko que je comprends plus intimement maintenant.

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Il y a tout de même la pause indécente, dérangée à répétition par deux autres visiteurs, qui finit en bide rigolo: le tir a eu lieu hors temps et hors cible en pleine tentative de dissimulation.

Nous ne suivons pas tous les sentiers pour une balade de 11 kilomètres à flanc de montagne. Nous prenons une petite boucle pour revenir vers l'entrée. En chemin, nous croisons les boutiques de toriis, toutes fermées. Je ne peux pas en acheter pour Joli Dragon. Peut-être est-ce là la vengeance du Dieu Renard.

Centre de Kyoto

N'ayant plus de temps pour de nouvelles visites mais encore trop pour rentrer au ryokan, nous zonons dans les divers magasins de la gare.

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La gare de Kyoto de jour

Dans une grande librairie, je tombe sur le Courrier International qui cite Filip de Winter du VB. J'en parle à celle que j'aime en m'emportant très fort. Elle me le fait remarquer.  Je prends conscience à quel point mon petit pays me tient à coeur et comment je peux - encore hélas - m'énerver au quart de tour. Je m'éloigne pour retrouver mon calme. Il me faut très longtemps.

Nous avons mangé nos bentos du soir devant une sorte de Star Ac' locale absolument décalée.

J'ai photographiée celle que j'aime en shibari (le décor s'y prêtait). Puis elle m'a photographié en yukata. C'était indécent. J'aime son petit regard concentré quand elle me cadre dans ces moments-là.

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Après la séance photo

Celle que j'aime a dit...

"Nous sommes rock'n roll-Totoro-SM"

Celle que j'aime à dit...

"Je ne parle pas aux gens qui arrivent a faire caca en voyage."

17 septembre 2007

Kinkakuji - Ryoanji - Ninnaji - Gion - Yasaka

Dscn5639 J'adore Kyoto. Elle n'est pas écrasante comme Tokyo, même si elle a aussi des quartiers fortement urbanisés. C'est une ville étalée entre les montagnes boisées que l'on voit à l'extrémité des longues avenues. S'y mélangent nature et béton, passé et présent, spirituel et matériel, tout en maintenant une dimension humaine.

La journée a commencé par un délicieux petit déjeuner traditionnel. Soupe miso, poisson, riz, légumes. Il faut du courage pour avaler des légumes marinés dans le vinaigre de grand matin. Mais ça réveille, c'est clair.

Kinkakuji

Nous faisons notre premier voyage en bus vers le Kinkakuji, le Pavillon d'Or. Le dépaysement est encore plus marqué ici qu'à Tokyo, les informations en anglais sont de moins en moins nombreuses. L'essentiel est toujours là, mais il faut faire beaucoup plus attention.

Dscn5660 Nous arrivons devant le fameux pavillon avec un paquet de touristes. J'imagine que c'est très peu à côté de ce qui doit débouler en pleine saison. Plein soleil, la chaleur est déjà étouffante. Le monde n'arrange rien. Le plaisir que je prends à la vision du lieux doit composer avec les conditions extrêmes. Celle que j'aime souffre en silence.

Il n'y a que deux points de vue d'où on peut prendre une photo correcte, tous les deux pris d'assaut. C'est de la carte postale, oui mais quelle carte postale! L'horizon, le jardin, l'étang, le pavillon, tout est parfaitement rangé et donne toujours une composition impeccable.

Je photographie celle que j'aime et les peluches. Celle que j'aime me photographie aussi. Ni elle ni moi ne sommes satisfaits du résultat.

Nous suivons à pied une route qui longe plusieurs temples.

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Ryoanji

Le Ryoanji est... parfait. La visite est difficile tout de même. On frôle les 30 degrés et explorer un sanctuaire zen à un train de sénateur n'est pas spécialement folichon. Comme je ne peux de toute façon pas savourer la quiétude du lieu (celle que j'aime est tendue, il y a du monde,...), je me concentre sur mes photos. J'essaie de les faire si pas rapidement, au moins régulièrement, et j'avance, pour ne pas que la chaleur nous cloue sur place et nous bousille la tête.

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Reproduction du jardin du Ryoanji qui permet de voir toutes les pierres
(et non je n'ai pas encore eu le temps d'assembler les panos).

Je mitraille au coolpix le celèbre jardin où ne voit jamais que 14 pierres sur les 15 posées. Sa disposition est magnifique, mais elle pose énormément de problèmes techniques pour la rendre convenablement. Je me lance dans une série de panoramiques avec les difficultés que cela suppose. Les peluches ont droit aussi à leur photo.

Arrêt à la cantine. On nous sert avec un léger décalage. J'aurais aimé manger en même temps que celle que j'aime. Elle souffre terriblement et en silence. Les bols de nouilles sont tout de même délicieux.

Arrêt tampon pour marquer notre passage: je le loupe lamentablement.

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Le Ninnaji n'apporte rien de plus à ce que je viens de voir. Ce n'est pas un sanctuaire mais un palais. Plus grand, plus étendu, plus varié, et encore plus écrasé par le soleil. Bien que j'apprécie le lieu dont je retire de bonnes photos, je sens que nous atteignons les limites du supportable. Tout ce calme, toute cette horizontalité, tout ce silence dans une température extrême, c'est trop.

Nous sommes littéralement sonnés à la sortie. Nous nous trompons d'arrêt de bus pour monter. Puis nous descendons (beaucoup) trop tôt. Je me fous d'être perdu. Je suis heureux. Béat presque. Je dois avoir de la cervelle fondue qui coule par les oreilles.

Aidés par deux personnes aimables nous retrouvons notre route. Avec tout ce que nous avons dans les pattes, celle que j'aime est prête à renoncer. J'insiste doucement, et je fais bien.

Gion

Les galeries commerçantes de Gion sont un enchantement. Je m'y sens bien comme jamais. Et si libre que je me lance dans la première séance de shopping de ma vie. Celle que j'aime et moi écumons toutes sortes de magasins avec un plaisir enfantin. Je trouve une édition bilingue de Ghost in the Shell, un mini-Godzilla et je parviens à mettre la main sur un t-shirt japonais. Ca peut sembler idiot de chercher un t-shirt japonais au Japon. Mais depuis mon arrivée, j'ai constaté que tout ce qui est jeune et branchouille est en Anglais ou en Français. A part à l'Oriental Bazar, magasin pour touriste par excellence, je n'ai jamais trouvé de vêtements avec une inscription locale potable.

Pause calorique chez Mr Donut où nous avalons des beignets synthétiques crapuleusement délicieux. Celle que j'aime prend une boisson vert fluo, dont je me demande si elle ne la rendra pas luminescente pendant la nuit.

Je viens de passer les plus belles heures de ma vie.

Dscn5792 Yasaka

La soirée s'est étirée pour atteindre le temple de Yasaka. Nous flottons encore sur notre petit nuage de bonheur, mais l'avenue pour l'atteindre est longue et nous sommes à pied. La nuit est déjà tombée lorsque nous y arrivons. Tout le temple est éclairé aux lanternes, et il ne manque qu'un petit rien pour que je qualifie l'ambiance de "magique".

Peut-être suis-je trop préoccupé par la lumière pour mes photos, ou bien ne suis-je pas rassuré par la succession d'éclairs qui annoncent un orage, ou bien en ai-je plein les pattes, le plaisir est sous surveillance.

Le retour vers le ryokan est infernal. Pas de bus. La longueur de l'avenue est encore plus sensible pour le retour. Et nous avons faim. Bizarrement, aucun point-bouffe ne nous plait en route. A cela s'ajoute le fait que le Lonely Planet nous paume un peu entre les lignes de trains et de métros. Si bien que c'est très tard et un peu grognons que trouvons la bonne station avec un ouf de soulagement.

Nous finissons la soirée dans un bar à nouilles de la gare. Là aussi, c'est un distributeur de tickets qui nous permet de passer commande: nous sommes bien drillés maintenant. Nous faisons le point sur la journée. Epuisés, oui. Mais vraiment heureux.

Nous finissons le repas avec une série de photos cons où je mange mon mini-godzilla avec des baguettes. Les serveuses s'amusent beaucoup.

Monsieur Tout-le-Monde

Celle que j'aime

Le bidule du moment

  • Le plaisir du moment:
    C'est toujours plus agréable de commencer la journée avec 6 ans de moins d'âge Wii Fit.
  • L'injustice du moment:
    Thomas se fait sortir de la Nouvelle Star: c'est une catastrophe!
  • La pensée du moment:
    Mangez des fibres!

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