Yokohama
La journée à Yokohama s'annonçait mal. La ville immense s'étendait sous un ciel menaçant. Comme Odaïba, cette ville parfaite a quelque chose d'inhumain. Du béton, du verre, du marbre. Des magasins, des showrooms.
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| Landmark Tower |
une perfection inhumaine |
Premier arrêt dans une librairie internationale. Pour le gag, je cherche un guide de la Belgique en Japonais. Introuvable. Je dois me rabattre sur un guide du Benelux, dont la partie belge semble très complète: je me fie uniquement aux photos, nombreuses et évocatrices, qui montrent des endroits à Bruxelles dont j'ignorais même l'existence.
Le Hard Rock Cafe est sympa, mais vide à l'heure où nous arrivons. Achat d'un nouveau T-shirt et discussion rapide en Anglais avec la vendeuse francophile. Petit bémol car je ne trouve pas de sweat à capuche. Le seul qui me plait est... pour fille.
Nous marchons le long de la Landmark Tower et de ses trois soeurs cadettes. Du joli béton gris projeté dans un ciel gris.
La visite de Chukagai (Chinatown) est une agréable déception. On trouve un seul magasin de vaisselle; partout ailleurs, des restaurants (dont on se demande du coup où ils se fournissent en assiettes). Nous marchons dans un monde fou sous les lampions. Le dépaysement opère, même si nos velléités de shopping sont toutes déçues.
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| l'entrée de Chukagai (Chinatown) |
des néons, des lampions, comme dans les films |
Pause dans un improbable magasin où s'entassent des jouets des 30 dernières années dont je n'imaginais même pas qu'on les trouverait ici: des collectors Star Wars première édition (je reconnais les emballages de mon enfance), ET, etc... Celle que j'aime pointe aussi des Blythes, mais elles sont hors de prix.
Arrêt au temple dédié au commerce, rutilant et vulgaire, mais aussi dépaysant que le reste. Nous visitons l'hypermarché chinois où rien n'est utile mais où tout attire le regard. Sur trois étages, nous sommes entourés de pandas de toutes les tailles et de toutes les formes.
De retour à la Landmark Tower, nous faisons une visite maussade du mini parc d'attractions à ses pieds. La grande roue, une des plus grandes du monde, ne nous attire pas. Le grand-huit, malgré son passage sous le niveau de l'eau, ne nous séduit pas plus. Il tourne à vide. Il pleut.
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| la grand-roue |
le grand-huit |
Parapluie en bataille, nous obliquons vers le port - le plus grand du monde - tellement étendu que nous ne voyons qu'un horizon plat sous le ciel gris.
Dernière tentative de shopping chez Uniclo: je trouve un sweat à capuche basique mais impeccable.
Le soir tombe. Nous atteignons notre dernière étape: le panorama en haut de la Landmark Tower. Et Yokohama qui m'avait semblé si triste et oppressante le jour prend toute sa beauté la nuit: routes éclairées, néons, immeubles, stades... Sous nos pieds, la mégalopole futuriste s'étend à l'infini. Nous sommes dans Ghost in the Shell. Le spleen persistant de la journée disparait devant l'immensité de ce spectacle incroyable.
Nous nous attablons dans une cage de verre pour boire un dernier verre. Les reflets des gens et de la ville se démultiplient autour de nous comme des fantômes. Une improbable musique romantique hollywoodienne rend l'ambiance encore plus étrange. Nous sommes dans un film hors du temps.
Nous avons parlé du voyage, de nous, des plus et des moins. Je considérais le voyage comme un test pour nous deux. J'ai avoué avoir préparé 4 scénarios-catastrophe pour les accrochages les plus prévisibles, et en avoir utilisé 2.
Je peux dire qu'à cet instant précis, j'étais totalement amoureux. Ce n'était pas une ivresse insouciante, mais un sentiment grave et profond qui me prenait tout le corps. Je découvrais la force nécessaire pour le vivre au quotidien.
Tout était dit. J'ai le blues.
Retour longuet au Ryokan. Sur place nous filons au resto à sushis d'hier et nous profitons du repas. Celle que j'aime participe avec des sushis au poisson cuit et au tempura. Je me gave de thon rouge et je me fais peur avec du poulpe cru (délicieux en fait).
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| ça fait peur mais c'est délicieux |
comptez les assiettes et vous aurez le prix |
La soirée se termine dans la préparation des valises. Le poids est un vrai souci. Celle que j'aime stresse. Nous envisageons déjà d'abandonner des choses ("avons-nous tant besoin de mangas de cul?"). Mais comme la décision ne tombera que demain lorsque les valises seront pesées, nous finissons par en rire.
Pas de pause journal avant d'aller dormir. Le rangement des valises m'a un peu pris la tête. J'écris cette page dans l'avion alors que nous survolons la Russie.















































































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