Sous l'impulsion de Celle que j'aime, le passage au Hard Rock Café du coin est devenu un rituel personnel.
Grâce à la boutique, j'ai enfin, à plus de 35 ans, réussi à me constituer une garde-robe cohérente, avec quelques pièces remarquables, notamment le superbe T-shirt à manches longues que je viens d'acheter à Amsterdam. Je vous entends déjà dire "une photo! une photo! une photo!", et je vous réponds "ben j'ai oublié et maintenant, il est à la lessive".
Grâce à l'ambiance, je retrouve des sensations et des plaisirs que j'ai passé mon temps à réprimer. Ado, je bouffais avec délectation du MTV à longueur de journée mais je n'en parlais pas, préférant mettre en avant ma cinéphilie froide qui me plaçait immédiatement au-dessus de la mêlée dans les discussions. HRC a libéré le rocker emprisonné au fond de moi.
Le HRC d'Amsterdam est sur deux niveaux. Le restaurant est en haut et le bar en bas avec une terrasse au bord d'un canal. Lorsque nous arrivons, le maitre D nous annonce 45 minutes d'attente, ce que nous acceptons, et nous remet un pager qui sonnera lorsque la table sera prête. En attendant, nous descendons au bar.
La terrasse est une fausse bonne idée: elle est à la merci des vagues laissées par les bateaux trop gros ou trop rapides. Nous nous installons donc à l'intérieur, contre une fenêtre qui nous offre la même vue. Nous regardons le soir tomber en sirotant de gigantesques cocktails et en commentant les clips diffusés sur les écrans.
J'adore parler avec Celle que j'aime des goûts musicaux hérités de notre de adolescence: les morceaux qui nous ont chaviré le coeur (et un peu l'entrejambe aussi, quand même). Le rock, clairement, ça la titille toujours. Ce sont des moments spéciaux, vraiment intimes. Je nous sens libres.
Quand le pager bipe enfin, je retrouve le maître D qui m'annonce qu'il n'y aura pas de place dans la salle du restaurant. Il nous installe donc... toujours au bar, mais deux tables plus loin.
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