Je ne peux pas dire que je connais bien Luis Royo. J'ai mis la main
occasionnellement sur des albums d'illustrations (les Prohibited) ou
des carnets de croquis (les Wild Sketches). J'en ai offert un ou deux à
des amis amateurs de fantastique et de cochonneries - mélange qu'il
pratique très bien. En fait, je me faisais une idée de fausse. Je voyais en lui un
gourou de l'aérographe, exploitant doué d'un filon classique
érotico-fantastique qui n'alternait que les poses lascives et les coïts
purs et simples devant des fonds SF ou heroïc fantasy.
Dead moon a fait exploser cette vision réductrice.
Ce n'est pas seulement un recueil d'illustrations, il y a une histoire, carrément une épopée apocalyptique.
Les dessins sont sensuels, sans forcément être sexuels; tout est dans dans la grâce du mouvement; voir l'héroïne danser, s'habiller ou s'entraîner à l'épée est dix fois plus évocateur que la saillie finale obligatoire.
Les visages, nus, maquillés ou tatoués sont justes sublimes.
Luis Royo multiplie les techniques et les supports avec succès. Que ce soit à l'aérographe, au crayon, à l'encre, il obtient une variété de rendus remarquables et une patine qui renforce l'impression d'époque oubliée.
Je l'ai lu d'une traite (chose rare chez quelqu'un comme moi) et je l'ai laissé dans un coin immédiatement accessible de la bibliothèque. Il faut y revenir souvent et le contempler longtemps pour en découvrir toute la richesse.
(note to self: même si je n'arrive jamais à son niveau de dessin, je veux bien la table de travail de Luis Royo et son atelier qui sont montrés à la fin du livre. Et le numéro de téléphone de sa modèle)



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