Mon problème d'organisation n'est pas apparu avec mon envie de me lancer dans la bande dessinée. A vrai dire, mon existence jusqu'à aujourd'hui est un problème d'organisation.
Je n'ai jamais réussi à le résoudre. Je le contiens. Par périodes plus ou moins longues. Mais là, ce n'est plus suffisant: si je veux réorienter ma carrière d'informaticien salarié vers dessinateur indépendant, je n'ai pas le choix. Dans le plaisir ou la douleur, par la porte ou par la fenêtre, par devant ou par derrière, il faudra y mettre fin.
Le problème n'est pas tant de marquer des périodes dans mon agenda, c'est de les respecter. Je ne suis ni sot, ni aveugle, et je sais interpréter un horaire. Le problème réel est plus profond, viscéral: respecter des tâches préétablies me donne mal à la tête. Lorsqu'elles sont trop rapprochées, elles se mélangent dans mon crâne et c'est l'apocalypse.
Lorsque je rentre de mes 11 heures de turbin quotidien, il m'est difficile, voire impossible, d'enchainer directement sur le dessin sous peine de me flinguer le cerveau*. Migraines, violents endormissements, paralysies, crises de boulimies, colères et violences sont le prix de la désobéissance à cette règle casse-couilles. Je me ménage donc des pauses. Ce n'est que lorsque je suis relaxé que je peux effectivement prendre mon crayon. Soit vers 23h30... Bref, vous voyez le tableau.
J'ai réussi à me reprendre en main et à caser 30 minutes de dessin quotidienne. Quand il faut 20 heures pour une planche, ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick.
Tout mon travail actuel est de faire reculer le temps de pause et de le remplacer par du temps de travail; atteindre cet état mental idéal qui permet de cloisonner les différentes tâches et de les enchaîner sans que la fatigue des unes vienne engluer les autres.
Ai-je déjà parlé de dyslexie potentielle? Oui, mais ce n'est toujours pas confirmé. Il faut encore creuser. Sinon, on explore du côté du TDA/H. Le diagnostic est en cours. J'enchaine les examens (et les dépenses non remboursées par la sécu; putain c'est CHER ces examens).
On ne change pas 39 ans de fonctionnement intérieur sur un claquement de doigt. Le travail se compte en mois. Pour le moment, je produis comme je peux, avec le risque de trous comme actuellement. Le vrai rythme régulier viendra quand je sortirai enfin de mon enfer intérieur.
* notez que j'ai exactement le même problème au boulot en enchaînant mails et dossier. La migraine me prend toutes les... 2 minutes.

















Les commentaires récents