
J'ai découvert Jirô Taniguchi grâce à Celle que j'aime. Lors d'un de mes premiers séjours chez elle, elle m'a mis dans les mains Le Gourmet Solitaire, dont j'ai admiré la finesse d'observation et la clarté du dessin.
Comme un peu tout le monde je crois, je suis devenu fan. C'est difficile de faire autrement avec lui. J'ai enchaîné avec l'Orme du Caucase, Quartier Lointain, Le livre du Vent et quelques autres. Une planche exposée au CBBD m'a rendu inconditionnel. Elle était en couleur. Pourquoi diable, par quel purisme imbécile, persiste-t-on à le publier en noir et blanc?.
En faisant le tour des critiques je suis tombé sur quelques grincheux qui trouvaient ce Zoo en Hiver
moins bon que ses albums-phares. "L'excellence rend exigeant" disait l'un d'eux. AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH AH!
'Scusez-moi, c'est nerveux. Reprenons.
Il y a certainement une part autobiographique dans l'histoire de Hamaguchi, jeune employé d'un magasin de tissus qui quitte Kyoto pour tenter sa chance comme assistant d'un célèbre mangaka à Tokyo. Peut-être pas dans l'histoire principale, mais certainement dans la description détaillée d'un studio de mangas en 1968: l'organisation du travail, les bouclages interminables, les frustrations de la création, les guerres d'ego, la culture contestataire.
De tous les albums de Taniguchi que j'ai lus, c'est probablement le plus violent en terme de sentiments (et de raclée, il y en a une belle). L'air de rien, il ne parle de rien d'autre que d'une jungle: les éditeurs pressent les mangakas qui eux-mêmes exploitent leurs assistants lesquels se jalousent férocement. Ca ne l'empêche pas de raconter tout cela avec sérénité et même un grosse dose de nostalgie.
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