Hier j'avais rendez-vous à la Bourse avec le Pingouin Enamouré. En combinant bus et marche, le trajet n'était pas supposé durer plus de 20 minutes; avec le soleil il s'annonçait même très agréable. Il était écrit quelque part que je devrais me battre pour traverser mon samedi.
Je n'ai pas pu remonter la rue du Luxembourg en bus à cause d'un bisou passionné entre un bus et une voiture. Débris, police, ambulance, bouchon. Bref le bordel.
Pour rattraper le temps perdu, j'ai tenté le métro: il m'est passé sous le nez (je suis sûr d'avoir entendu un rire sardonique à ce moment précis).
Bonne poire, j'ai marché jusqu'à la rue Ducale pour attraper le 71. Pas de bol, celui-ci était détourné pour éviter la Place Royale fermée par les festivités de l'inauguration publique du Musée Magritte.
Cette déviation était elle-même déviée pour éviter les bombardements travaux autour de la Gare Centrale qui bloquaient aussi bien les voitures que les piétons.
J'ai réussi à rejoindre la bourse à pied, en sueur et en retard.
Les hommes en noir on déjà déployés des moyens considérables pour me pourir la journée. Mais là, c'était le pompon.
Travailler pour la World Company introduit la notion de décalage horaire permanent. Chaque coup de fil, chaque mail reçu, fait s'interroger sur l'espace-temps de l'interlocuteur. Je ne m'attendais pas à mettre mon nouveau joujou à contribution pour ça, mais voilà, c'est fait: avant de décrocher ou de cliquer sur "reply", j'y jette chaque fois un oeil.
Comme le correspondant n'est pas toujours au courant qu'on est basé à Bruxelles, ça évite de faire démarrer la conversation du mauvais pied, genre...
- World Company Helpdesk, Mister Everybody, good afternoon! - (accent d'Atlanta) Buddy, it's actually 07.00 in the morning, I worked on my presentation all night, all the printers are down, there is nobody here, and I am NOT happy...
Pour préparer du riz japonais, ça paraît simple. Il faut du riz et de l'eau. Oui mais attention, pour lui donner sa texture particulière, c'est tout un art. Ceux qui veulent jeter un sachet Oncle Ben's dans l'eau bouillante et regarder en l'air 10 minutes peuvent retourner à leur dinette. Le riz japonais c'est du sérieux.
Or donc...
Pour 4 personnes, prévoyez 50cl de riz japonais (ou "riz à sushis") et 60cl d'eau; Temps de préparation/cuisson: 80 minutes.
Rincer le riz (15 minutes)
Versez le riz dans un saladier et couvrez le d'eau; faites le tourner avec la main 1 minutes; videz l'eau; répétez cette opération 3 fois.
Malaxez le riz à sec pendant une minute; recouvrez-le d'eau; faites tourner; videz l'eau; répétez cette opération 3 fois.
Comme au début, couvrez le riz d'eau; faites le tourner avec la main 1 minutes; videz l'eau; répétez cette opération 3 fois.
Au fur et à mesure des rinçages, l'eau doit passer d'un blanc laiteux à transparente.
Laisser reposer le riz (30 minutes)
Egouttez le riz dans une passoire fine/
Placez le riz égoutté dans la casserole et couvrez-le des 60cl d'eau de cuisson.
Fermez avec un couvercle; laissez poser 30 minutes.
Cuire le riz (35 minutes)
Faites chauffer le mélange de riz et d'eau; lorsque l'eau est frémissante, diminuez le feu au minimum; couvrez et laissez cuire 15 minutes.
Coupez le feux et mélangez délicatement en remontant le fond vers le haut.
Couvrez d'un linge propre et laissez reposer encore 15 minutes.
Idées de service
Blanc, pur, virginal.
Couvert d'un jaune d'oeuf et de quelques gouttes de sauce soja.
Attention!
Lors du rinçage, tant que l'eau n'est pas transparente, c'est pas bon; recommencez autant de fois que nécessaire.
Le riz ne peut en aucun cas coller au fond de la casserole, donc "eau frémissante", "feux minimum", "mélangez délicatement" ne sont pas des coquetteries de langage.
Il y a des grumeaux? Béotien! Jette ta préparation et recommence tout scrupuleusement.
Le riz doit être gluant sans être compact, il doit tenir ensemble et permettre de lui donner la forme de sushis ou d'onigiris.
45 minutes de la préparation sont destinées au repos du riz: le riz nippon est un sacré flemmard.
Je ne connaissais rien de Harvey Milk avant la vision de ce film et je dois bien avouer que j'en sais à peine plus après, notamment c'est le premier homme politique américain ouvertement gay et qu'il a été assassiné en même temps que le maire de San Francisco par un de ses collègues en 1978.
Le scénario se concentre sur les dernières années de sa vie, et encore, de manière assez elliptique. Le détail des faits est flouté en faveur des l'intériorité des émotions. Celles-ci sont soumises à rude épreuve: le San Francisco des années '70 est moins le paradis pour les
homosexuels que l'on imagine à tort qu'une zone de guerre. C'est la
ligne de front de la reconnaissance de leurs droits civiques face aux nombreux projets de loi visant à leur refuser l'accès à certaines professions ou au logement.
L'originalité du film est de ne pas amplifier le côté violent de la lutte (débats houleux, émeutes, revendications tapageuses) mais plutôt de laisser chuchoter les sentiments de ses protagonistes. Dans cette vibration proche du silence, la bêtise hurlante des détracteurs n'est que plus manifeste.
Sean Penn acteur n'a jamais vraiment attiré mon attention. Je le préfère de loin comme réalisateur. Mais là je dois bien reconnaitre qu'il m'a scié avec sa fragilité qui n'empêche pas une certaine volonté. La dernière fois que je l'avais vu, c'était dans Mystic River où il interprétait une brute machiste. Le contraste entre les deux prestations oscarisées m'a laissé pantoi.
Une dernière chose: en 1986, mon père, voyant que je téléphonais souvent très longtemps à
un camarade de classe, a jugé un jour nécessaire de me prendre en
apparté pour me dire, droit dans les yeux: "si tu es homo, je te tues." Le film de Gus Van Sant est le premier qui réussit à évoquer exactement le mélange de détresse et de rage que j'ai ressenti à ce moment.
J'ai eu la chance d'assister à l'avant-première mondiale (oui, mondiale, une heure avant la grande projection cannoise) de Panique au Village. Ingrid nous avait invités tous les deux mais Celle que j'aime a préféré m'y envoyer seul (elle ne sait pas ce quelle rate). J'ai sauté sur l'occasion.
L'UGC De Brouckère était partiellement décoré pour l'occasion. Cow-boy et Indien, version géante, gardaient l'escalier. Et le palier à l'entrée la salle Grand Eldorado abritait une expo de photos de tournage et - plus intéressante - une collection de figurines et de décors.
Des animateurs et quelques spectateurs se sont spontanément habillés en Cow-Boy, Indien, Janine, Steven et même Cheval. Dommage, je n'avais pas emporté Regis. De toute façon je ne me sentais pas d'humeur photographique. Je voyais bien que tout le monde s'y mettait pour faire monter l'ambiance, mais il était tout de même minuit, et la fatigue était palpable.
Bon. Et le film dans tout ça?
J'aurais aimé dire qu'il est merveilleux. Mais je ne peux pas. Il est drôle et rythmé, mais il souffre d'arriver après la série, de n'y apporter rien de plus, et surtout de la répéter. En Cinémascope, avec une bande-son chiadée et tout... mais ça reste du bis repetita.
Je crois que pour ceux qui n'ont jamais vu la série, la découverte pourra jouer. Pour les autres, l'entrain risque de retomber avant la moitié de ses 75 minutes. C'est ce qui m'est arrivé.
Si mes zygomatiques se sont reposés plus tôt que prévu, les yeux ont été à la fête jusqu'à la fin. La beauté visuelle et la poésie décalée m'ont touché aussi profondément que Les Triplettes de Belleville ou certaines productions Ghibli.
A la sortie, j'ai spontanément associé Panique au Village et le Musée Ghibli de Mitaka, là où on parle des plus beaux films d'animation du monde; la boutique y abrite quelques livres consacrés à Paul Grimault et à John Lasseter. Je me suis dit que le making-of de Panique au Village trouverait naturellement sa place à leur côté.
Edit: la critique du Variety est sortie entretemps, avec la réserve de la perte d'intérêt vers le milieu, elle est très positive.
Miracle! J'ai avancé dans Une Japonaise à Paris aussi bien dans les images que dans les mots. Avant les 3 mois annoncés, je peux me lancer dans la confection de mes premières recettes: le bol de riz et les onigiris. J'ai profité de mon passage au Tagawa pour enchaîner avec Cami, Schleiper, Store Movie et quelques magasins de la rue du Bailli. J'ai tiré la balade en longueur pour profiter de la fort agréable pointe de soleil.
A mon retour, j'avais dans mon sac:
Du riz à sushis. Avec de belles inscriptions en japonais su l'emballage pour faire authentique, sauf le produced in Spain.
Des feuilles de nori pour emballer les onigiris et assaisonner d'autres préparations.
Des feuilles de kombu pour préparer mon propre dashi. Car il est important de faire son dashi soi-même.
Un porte-mine 0,5 pour remplacer celui dont j'ai bêtement obstrué le conduit à mine (longue histoire).
Un enrouleur d'écouteurs. Petit, design, original, l'idéal pour briller en société sans dire un mot.
Un casque/micro/télécommande pour mon iPod Touch pour dire de vive voix à ce merveilleux appareil combien je l'aime (et accessoirement pour utiliser Skype).
J'avais déjà vu deux de ses portraits pendant l'expo "Street & Studio" de la Tate Modern. Et les premières photos de cette expo-ci m'étaient étrangement familières. C'étaient des photos de mode. Elles dataient de l'immédiate après-guerre et me faisaient penser à un film d'Alfred Hitchcock, de Stanley Donen ou de Blake Edwards, avec Edith Head au poste de costume designer. Et pour cause: avec toutes ses années comme photographe principal de Harper's Bazaar, Richard Avedon a dû être une de ses principales sources d'inspiration*.
Passé la courte période "mode", l'expo s'étend sur son travail de portraitiste remarquable par son approche dépouillée: un fond blanc immuable, un noir et blanc au grain très fin qui met en évidence le plus petit détail, pas plus de trois cadrages différents (gros plan de visage, plan moyen, en pied).
J'ai particulièrement été frappé par...:
l'égalité de chaque modèle face à la vie. Qu'il soit d'une célébrité, d'un dirigeant, d'un anonyme, chaque portrait dégageait une histoire forte, chargée d'épreuves.
le passage du temps, que ce soit par les marques sur les visages et les corps, ou par les successions d'instants consacrés à la même personne. Avedon a notamment photographié son père plusieurs fois pendant les 3 dernières années de sa vie marquées par la progression du cancer.
l'inquiétude notoire dans le regard d'Eisenhower, peu de temps après avoir quitté la présidence des Etats-Unis.**
la mine juvénile de Donald Rumsfeld au milieu des 69 portraits consacrés au changement d'administration de la Maison Blanche en 1976
le portrait de Groucho Marx, la première fois que je le voyais hors film, sans aucun artifice. Son regard était triste.
l'ambiguïté sexuelle du portrait de groupe "Andy Warhol and The Factory"
John Ford décharné, reconnaissable seulement par son inamovible casquette de base-ball et le bandeau couvrant son oeil gauche.
l'hommage à l'Ouest Américain, notamment avec son écorcheuse de serpents au travail (glups) et son gardien de ruches couvert d'abeilles.
Nous avons fait l'impasse sur la salle de projection. Nous n'avions pas 87 minutes devant nous pour voir tout le documentaire.
* Edith Head a créé entre autres les silhouette iconiques de Audrey Hepburn et de Grace Kelly. Selon Wikipedia, Funny Face, qu'elle a habillé sous la direction de Stanley Donen, est directement inspiré du travail et de la vie de Richard Avedon.
** J'ai fait mentalement le rapprochement entre son visage et cet extrait célèbre de son discours de fin de mandat: "Dans les conseils du gouvernement, nous devons prendre garde à
l'acquisition d'une influence illégitime, qu'elle soit recherchée ou
non, par le complexe militaro-industriel. Le risque d'un développement désastreux d'un pouvoir usurpé existe et persistera."
Ensemble, nous essayons d'apprendre les manières à Regis.
Nous publions aussi une photo par semaine sur Elle & Lui - Part2. C'est la suite de Elle & Lui. Il y a quelque temps déjà, nous en avons parlé à la radio .
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