J'ai suivi Celle que j'aime à Twilight même si rien ne m'attirait de prime abord. Le livre n'appartient pas du tout à ma sphère de lecture (malgré tous mes efforts je ne ressemble pas à une adolescente américaine romantique), et la bande-annonce me laissait dans un état neutre, ni vraiment attiré, ni repoussé.
(pour le résumé, c'est là ou là)
Mon amour pour Buffy m'a aidé à rentrer dans le film. Comme la série de Josh Whedon, Twilight utilise le vampirisme comme parabole des tourments de l'adolescence, l'humour farce en moins. L'écriture centrée sur les émotions de Bella et l'ambiance romantique (ahhh ces forêts brumeuses) offrent une bonne compensation.
J'ai tout de même buté sur deux problèmes. D'abord Twilight appartient à la tendance conservatrice du fantastique (contre laquelle j'ai vitupéré ici, ici, ici et là). Derrière toute cette histoire de vampires qui ne veulent pas céder à leur désir de prédateur, on sent pointer un lourd plaidoyer pour l'abstinence sexuelle. Ensuite ce qu'on imagine à la lecture d'un livre ne donne pas forcément un bon résultat en images: l'apparence de la famille Cullen (tous jeunes et à la peau blanche, parents compris) fait tache à côté des rednecks moyens du Nord-Ouest des Etats-Unis, et sollicite un peu trop la suspension d'incrédulité.
Twilight a une qualité: il prend son temps. Le premier acte détaille subtilement les hésitations des héros. Il faut attendre le milieu du deuxième acte pour que le danger pointe sa fraise et le troisième pour avoir l'unique bagarre, en contradiction totale des lois tacites du genre qui imposent une frénésie immédiate.
Privilégier les sentiments au détriment de l'action a peut-être coûté à Catherine Hardwicke la réalisation du second opus de la série. Aux dernières nouvelles, le studio l'a trouvée "difficile" et "irrationnelle" et l'a tout simplement sacrifiée sur l'autel des différends artistiques. J'essaie d'imaginer le conflit permanent entre une réalisatrice qui a passé sa carrière à explorer l'adolescence et un executive testostéroné lambda qui n'arrête pas de demander "elles sont où mes bastons?". Ca ne devait pas être gai tous les jours...
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